Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 20:18

reprise.jpg Le championnat reprend mais il n'a jamais vraiment fini ; il y a la guerre permanente de George Orwell et le championnat permanent. On refait ses forces à l'intersaison, on met en scène le marché des transferts : le championnat se joue en dehors du terrain, il est permanent et généralisé. Il couvre volontairement tous les champs de la société : on y parle d'imposition, d'argent, de comportements sociétaux, d'influences politiques... Lire Le Monde ou l'Equipe c'est pareillement la même chose, seule la manchette change ; quand on était jeune le contenu ne changeait pas : on cachait aussi bien dans l'un que dans l'autre notre journal de cul.

Le championnat c'est la guerre des sexes. Pour les filles il y avait Santa Barbara, pour les grand-mères Les Feux de l'Amour et pour les garçons le championnat.

On l'a échappé belle. En 1998 devant l'enthousiasme de la coupe du monde on a voulu pousser les filles à participer à la ferveur footballistique ; la grand-mère supportrice du RC Lens devenait une star... bref, les femmes allaient se mêler du championnat ; on était au bord du chaos ; Deschamps paraissait beau ; il n'y avait plus aucune valeur solide ; j'ai tremblé ; on a tremblé ; heureusement ils ont inventé Plus Belle la Vie ; tout est rentré dans l'ordre.

Le championnat couvre l'ensemble de la société à l'exception des femmes, comme Tintin.

C'est pourquoi n'importe quelle fille un tant soit peu aux prises avec le féminisme vous dira que Tintin est d'un racisme horrible et insupportable. La défense de la tintinophilie primaire ne peut donc aller sans se faire accuser de misogynie. Dans les milieux où les filles ont du poil aux pattes cette position de missionnaire tintinophile est très inconfortable et suscite de nombreux malentendus.

C'est pourquoi il ne vous reste plus qu'à parler du championnat. La démarche est la même me direz-vous, à cette différence qu'elle est plus franchement misogyne tout en étant moins clairement raciste. Ce qui permet de rétablir l'ordre millénaire d'un monde où les femmes acceptent que vous leur parliez de choses dont elles n'ont rien à foutre.

Ça marche aussi pour les voitures.

Une jeune fille de ma connaissance se plaignait dernièrement d'avoir dû éconduire un amoureux obèse qui tentait de la séduire en lui parlant de voitures. Ce qui me donna irrésistiblement envie de lui parler de Tintin puis du championnat.

Ce championnat pan-phallocrate s'installe dans le monde de la communication, vous savez celui où chacun communique avec chacun sans comprendre qu'il n'y a pas de sujet commun ; il serait plus simple d'accepter une bonne fois pour toutes qu'il y a des sujets de garçons et des sujets de filles et que c'est dans le désintérêt mutuel que l'on bâtit les plus beaux mariages.

Le championnat reprend ; au printemps prochain on pourra de nouveau célébrer des fiançailles heureuses. Chacun des époux y aura accepté de ne jamais parler des sujet importants, donc des sujets qui fâchent, et l'harmonie continuera de régner grâce à leur plus parfaite incompréhension.  

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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 20:16

loeb.jpg Enfin quelqu'un qui lutte contre la sécurité routière. La sécurité routière lutte contre le fléau des morts sur les routes, tandis que le reste des gens lutte contre le fléau de la sécurité routière.

Bison Futé était une être bien sympathique qui dispensait ses conseils en pure perte tout en faisant la promotion des logos ridicules.

Hélas nous ne nous doutions pas que Bison Futé était l'éclaireur traçant la route d'une armée sanglante menée par le général Kuster des permis de conduire, diable blond du « pas de quartier ! », assassinant points et cartes grises dans une haine aveugle, ne laissant aucun survivants, de l'alcoolique notoire à l'excédant de vitesse au dessus de cinq pourcents, en passant par le cycliste ivre, futur automobiliste récalcitrant.

Flashé, photographié, fouillé, épié, prise de sanguinisé, taxé, souffleur de ballonisé, gilet fluorisé, amendé, destitué, confisqué, peur du képiisé, ceinture de sécuritéisé, air bagisé, radarsisé, pompéisé... l'automobiliste est un coupable qu'il faut surveiller comme un cycliste : il se dope toujours à l'illégalité.

En ces temps troublés où les coups les plus bas se portent sur les parkings de boites de nuit et où chaque apéro tourne à la réunion clandestine, il est un Jean Moulin du volant, baron noir du Mille Bornes ralliant sous son panache d'alsacien libre la fine fleur du kéké customisé, de l'enjoliveur enjolivé et de l'anti brouillard en guirlande : Sébastien Loeb.

Ce champion bonhomme, alliance du casse cou et de la raison chronométrique explique benoitement que sa virtuosité lui vient des frasques que, tout jeune conducteur sans permis, il s'octroyait dans les ronds points.

Ces chicanes du pauvre aucun pilote n'avait encore admis y avoir passé ses vertes années. Les grands coups de frein main, les dérapages contrôlés, les contre braquages et les freins/accélérateurs subtilement distillés du même pied droit... équipée sauvage et nocturne d'une jeunesse alcoolisée ou chacun se prend encore pour James Dean sans même plus savoir vraiment qui c'est.

Le hasard du calendrier fit émerger cet incroyable fureur de vivre lors de l'offensive de Kuster ; j'imagine la jeunesse hurlant sur des parkings, l'ivresse fière et batailleuse, le cheveux en bataille et la bouteille au vent, étendard des cabriolets 205, Robin des Bois sans permis, rondes pétaradantes dans des prisons choisies, rebelles des zones commerciales brûlant leurs papiers dans des braseros, s'aspergeant de bière et allant quémander à la mairie du coin, au petit matin, leur extrait d'acte de naissance prouvant qu'ils sont bien français, car le sans papier ça a ses limites.

Sébastien Loeb et sa sagesse franchouillarde incarnent cet instant où les lois sont devenues si pointilleuses qu'on les détourne comme des règles d'un jeu de l'oie ; incarnent cet instant de la rébellion sage, celle où l'on meurt dans un rallye WRC, avec la télé, des barrières pour protéger les spectateurs et des sponsors pour pleurer. Tandis que sur les parkings on ne meurt que d'avoir couru trop tard devant un pittbull.

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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 20:14

version_courte.jpg Ça fait combien 1/100'' ? En distance. Sur un 100m. 10'' pour 100m. 1'' équivaut donc à 10m. 1/10'' à 1m.

Alors 1/100'' c'est 10cm ?

Donc quand Lemaître bat son record de 3/100 il s'est doublé de 30cm.

Le record de Jesse Owens est de 10''2 en 1936. En 9''92 Lemaître lui met 28/100 dans la vue, soit 2,80m. Sur 200m l'écart est en faveur de Owens dont la marque est à 20''6, que Lemaître n'a jamais atteint, sauf ce week-end avec un vent trop fort. Usain Bolt qui passe sous les 20'' régulièrement le devance d'environ 6m.

Owens serait difficilement champion du monde mais pourrait prétendre l'être de l'Europe pour peu qu'il fut européen.

En 3/4 de siècle les progrès sont indéniables. C'est même un jeu bien amusant que de convertir les '' en cm : on voit mieux.

Un progrès de 2,80m est tout à fait impressionnant. Avec une ligne d'arrivée c'est même une humiliation pour le second. 6 pas d'un homme qui marche. 1 seule foulée pour Usain Bolt. 2,8% d'un 100m. Ce qui ramené au taux d'inflation sur 1 siècle est proprement une régression économique.

Si on maintient l'affaire au temps, sans donc le visualiser, 28/100 sont imperceptibles.

Le sportif n'est donc pas un homme de progrès : soit il régresse, soit il faut de savantes images pour voir son évolution.

Ces remarques m'amènent à une conclusion : si je n'avais pas utilisé les chiffres je n'aurais pas pu écrire cet article.

Me promenant dans la rue dernièrement, pratiquant l'activité de m'assoir à une terrasse de café tout en laissant trainer mes yeux et mes oreilles, j'avais une idée du farniente et du plaisir qui réjouissait mes vieux jours.

Hélas, mon regard plutôt que d'être attiré par les jolies filles l'était par les vitrines ; et mes oreilles plutôt que par le chant des Harleys par les conversations des attablés farnientant. Les vitrines étaient emplies de placards annonçant des % de toutes sortes, c'était les soldes ; un jeune flic assassinait un camarade en lui détaillant son compte en banque par le menu, passant des primes de fin d'année au prix de son automobile neuve payée à crédit en mensualités de 422.

L'absence d'une loi devenait criante. L'interdiction de prononcer ou d'écrire des chiffres dans un lieu public devrait être instituée depuis bien longtemps. Il y a des mesures de salubrité publique que parfois on oublie de prendre ; les gouvernements ont tant à faire.

Évidemment la plupart des articles sportifs seraient interdits et celui-ci en premier ; mais cela empêcherait également une infinité de conversations et bien des gens seraient réduits au silence.

Imaginez un tel monde. Si vous ajoutez à l'interdiction le mot «  », il n'y aurait plus aucune salive gaspillée. Oh oui, 90% des gens devraient fermer leur gueule ; moi y compris, quel soulagement.

On vivrait comme des poissons ; on se ferait la bise ; puis des bulles de chewing gum pour passer le temps. Et les athlètes continueraient à courir sans qu'on n'ait plus rien à dire d'eux.  

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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 20:13

metre_etalon.jpg Ça fait combien un centième de seconde ? En distance. Sur un cent mètres. Dix secondes pour cent mètres. Une seconde équivaut donc à dix mètres. Un dixième de seconde à un mètre.

Alors un centième de seconde c'est dix centimètres ?

Donc quand Lemaître bat son record de trois centièmes il s'est doublé de trente centimètres.

Le record de Jesse Owens est de dix secondes deux dixièmes en dix-neuf-cent-trente-six. En neuf secondes quatre vingt douze Lemaître lui met vingt huit centièmes dans la vue, soit deux mètres quatre vingt. Sur deux cents mètres l'écart est en faveur de Owens dont la marque est à vingt seconde six dixièmes, que Lemaître n'a jamais attend, sauf ce week-end avec un vent trop fort. Usain Bolt qui passe sous les vingt secondes régulièrement le devance d'environ six mètres.

Owens serait difficilement champion du monde mais pourrait prétendre l'être de l'Europe pour peu qu'il fut européen.

En trois quarts de siècle les progrès sont indéniables. C'est même un jeu bien amusant que de convertir les secondes en centimètres : on voit mieux.

Un progrès de deux mètres quatre vingt est tout à fait impressionnant. Avec une ligne d'arrivée c'est même une humiliation pour le second. Six pas d'un homme qui marche. Une seule foulée pour Usain Bolt. Deux virgule huit pourcents d'un cent mètres. Ce qui ramené au taux d'inflation sur un siècle est proprement une régression économique.

Si on maintient l'affaire au temps, sans donc le visualiser, vingt huit centièmes sont imperceptibles.

Le sportif n'est donc pas un homme de progrès : soit il régresse, soit il faut de savantes images pour voir son évolution.

Ces remarques m'amènent à une conclusion : si je n'avais pas utilisé les chiffres je n'aurais pas pu écrire cet article.

Me promenant dans la rue dernièrement, pratiquant l'activité de m'assoir à une terrasse de café tout en laissant trainer mes yeux et mes oreilles, j'avais une idée du farniente et du plaisir qui réjouissait mes vieux jours.

Hélas, mon regard plutôt que d'être attiré par les jolies filles l'était par les vitrines ; et mes oreilles plutôt que par le chant des Harleys par les conversations des attablés farnientant. Les vitrines étaient emplies de placards annonçant des pourcentages de toutes sortes, c'était les solde ; un jeune flic assassinait un camarade en lui détaillant son compte en banque par le menu, passant des primes de fin d'année au prix de son automobile neuve payée à crédit en mensualités de quatre cent vingt deux euros.

L'absence d'une loi devenait criante. L'interdiction de prononcer ou d'écrire des chiffres dans un lieu public devrait être instituée depuis bien longtemps. Il y a des mesures de salubrité publique que parfois on oublie de prendre ; les gouvernements ont tant à faire.

Évidemment la plupart des articles sportifs seraient interdits et celui-ci en premier ; mais cela empêcherait également une infinité de conversations et bien des gens seraient réduits au silence.

Imaginez un tel monde. Si vous ajoutez à l'interdiction le mot « euro », il n'y aurait plus aucune salive gaspillée. Oh oui, quatre vingt dix pourcents des gens devraient fermer leur gueule ; moi y compris, quel soulagement.

On vivrait comme des poissons ; on se ferait la bise ; puis des bulles de chewing gum pour passer le temps. Et les athlètes continueraient à courir sans qu'on n'ait plus rien à dire d'eux.  

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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 20:11

generation_spontanee.jpgLe sport français.

Il y a des générations spontanées. Soudain sans qu'on sache où quoi comment on se met à gagner dans des disciplines où nous étions traditionnellement nuls.

Ce qui remet quand même en cause l'inénarrable théorie de l'évolution.

Le plus bel exemple est le Championnat du Monde de natation. Avez-vous souvenir qu'on ait jamais gagné quoi que ce soit en natation ? Trop dur, trop austère, trop mouillé : pas français. Bon pour les australiens, des gens d'eau.

Et là deux champions du monde d'un coup. Depuis quatre ou cinq ans on sort des champions de l'eau. Une génération spontanée.

Au milieu des années 90 éclosion d'équipes de handball. Depuis quinze ans c'est une hégémonie française dans un jeu qu'on cantonnait au sport récréatif du lycée entre 5 et 7.

Idem pour le rallye avec Loeb. Il écrase tellement le champignon que ça devient ennuyeux même pour un chauvin.

Le sport français sort donc des choux. Puis retourne dans l'oublie et redevient oignon. Les raisons de ces réussites sont sans doute multiples et absolument sans intérêt.

C'est que Dieu crée le champion de son doigt magique. Comme il a donné Eve à Adam il donne Bernard au supporter. L'annulaire divin, lesté d'une chevalière aux cinq anneaux olympiques, tombe sur la France, s'enfonce un peu parce que c'est mou et sort du bain chloré une pépite aux cent médailles.

Il tombe pas sur l'Afrique, y a pas de piscine : c'est moins propre comme rince doigt.

Que le champion soit d'essence divine il n'y a aucun doute là-dessus. Le Self Made Man en est la version profane.

Le sportif redonne fierté à tout un peuple. Issu de rien. Sans passé. Sans prédécesseur. Sans futur. C'est un temps présent qui s'inscrit sur une durée, courte de préférence.

Le Self Made Man ou le champion spontané nous permettent ainsi de nous débarrasser de la laborieuse théorie darwinienne ; ce qui permet ainsi d'affirmer que la morphologie des nègres est incompatible avec la natation, la preuve : il courent vite et Tarzan était blanc.

La théorie de l'évolution obligerait à se demander s'il est possible de battre des records sans piscine. Alors qu'il est bien évident que s'ils n'ont pas de piscine c'est qu'ils n'aiment pas l'eau.

Chaque champion est donc la réincarnation d'Adam ; et, par identification, chaque homme. C'est donc pour ça qu'en France éclosent des générations spontanées de beaux vainqueurs – à l'inverse du népotisme qui règne dans le show bizzzz – et en sortant de l'œuf ils se demandent s'ils sont à l'origine de tout et où est la poule.

 

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